📢 Solidarité avec notre collègue travailleur étranger et privé de salaire

Un collègue aujourd’hui sans revenu : une décision incompréhensible

Le 1er février 2026, le contrat de travail d’un de nos collègues, travailleur étranger, a été suspendu par l’entreprise. Il se retrouve aujourd’hui privé de salaire et ne pourra plus, à compter de la fin du mois de mars, faire face à ses dépenses courantes et familiales.

Cette situation fait suite à l’expiration de son titre de séjour. Notre collègue a pourtant effectué toutes les démarches nécessaires dans les délais pour son renouvellement.

Pour reprendre son activité, la direction exige un récépissé, document dont la délivrance relève exclusivement de la préfecture qui connaît actuellement d’importants retards.

Pour anticiper ces retards chroniques, la préfecture a elle-même indiqué, dans un courrier daté du 23 juin 2025 adressé aux organisations professionnelles, que la relation de travail devait être maintenue lorsqu’un rendez-vous était fixé dans un délai de trois mois, ce qui est le cas de notre collègue :

Malgré cela, l’entreprise a décidé de suspendre son contrat de travail, d’interrompre sa rémunération et de couper ses accès professionnels.

Cette décision nous apparaît incompréhensible : malgré les recommandations préfectorales permettant le maintien de l’activité, appliquées selon nos informations dans d’autres entreprises confrontées à des situations similaires, la direction invoque un principe de « prudence » face à un risque hypothétique.

Ce qui n’est pas hypothĂ©tique en revanche, c’est la consĂ©quence, bien rĂ©elle, sur notre collègue qui se retrouve aujourd’hui sans revenu. Il n’appartient pas Ă  notre collègue de financer les dĂ©cisions arbitraires de la direction pour se couvrir.

Nous dénonçons cette décision et demandons le maintien du salaire de notre collègue

Face à l’urgence : organisons la solidarité

Nous lançons donc une caisse de solidarité qui vise à permettre à notre collègue de faire face à ses dépenses essentielles (logement, charges courantes, vie familiale) pendant la période où son salaire est suspendu.

L’objectif est de compenser la perte immédiate de revenu résultant de cette situation, dans l’attente de la reprise de son activité et du rétablissement de sa rémunération.

Soyons clairs : il ne devrait pas revenir aux salariés de compenser les conséquences d’une décision de prudence de l’entreprise et de dysfonctionnements administratifs.
Mais tant que la situation reste bloquée, la solidarité collective est le seul moyen d’éviter qu’un collègue n’en supporte seul ses conséquences.

Le don peut être anonymisé. Merci pour votre soutien.

Des situations qui se multiplient … dont les travailleurs étrangers n’ont pas à payer le prix

Si cette décision relève d’un choix de l’entreprise, la situation administrative à laquelle notre collègue est confronté, elle, est loin d’être isolée. Le durcissement des lois sur l’immigration et la dégradation des services publics placent aujourd’hui de nombreux travailleurs étrangers dans des situations de blocage administratif aux conséquences humaines lourdes.

La CGT Magellium-Artal s’est notamment mobilisée contre la dernière loi immigration du gouvernement de janvier 2024, revendiquée comme une victoire idéologique par l’extrême droite. Ces lois, qui durcissent sans cesse les droits des étrangers, participent à fabriquer une main-d’œuvre précarisée et plus facilement exploitable.

Depuis des années à Magellium-Artal, des collègues sont confrontés à des difficultés similaires sans qu’un cadre de prévention et d’accompagnement n’ait été mis en place. À chaque fois, la direction a réagi tardivement, en suspendant ou en envisageant de suspendre les contrats, sans prendre en compte les conséquences humaines de ces décisions.

Face à l’urgence, la CGT, en discussion avec notre collègue, a demandé qu’à minima, son salaire soit maintenu pendant la suspension de son contrat. La direction, elle, a préféré lui proposer une avance remboursable, autrement dit un crédit. Notre collègue a refusé : après des années à travailler durement, un geste de l’entreprise ne devrait pas se transformer en dette, d’autant plus qu’il n’est absolument pas responsable de la situation.

Il arrive que la direction effectue certaines démarches, par exemple en cherchant à contacter la préfecture. Mais ces interventions restent ponctuelles et chaque situation est traitée au cas par cas, souvent dans l’urgence, laissant les salariés concernés seuls face à des blocages administratifs qui ne dépendent pas d’eux.

Parce que ces situations se répètent, nous demandons la mise en place d’une cellule d’aide et d’accompagnement dédiée aux travailleurs étrangers, permettant un appui juridique et administratif effectif et durable aux salariés concernés, sans attendre que leurs problèmes deviennent critiques.

Imprimer cet article Télécharger cet article