Ce dimanche 8 mars, des manifestations auront lieu à Paris, à Toulouse et partout dans le monde à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Dans notre entreprise aussi, ces questions sont bien réelles. Le 17 mars 2025, pendant les NAO, 40 salarié·es ont débrayé et tenu une assemblée générale pour protester contre le revirement de la direction sur la revendication de congés menstruels, d’abord acceptée puis refusée sans explication. Cela montre que les enjeux féministes traversent concrètement nos lieux de travail.
À toutes les échelles, les droits des femmes sont remis en cause et l’exploitation continue : les femmes restent, partout, davantage exploitées que les hommes. Au travail, elles subissent encore des inégalités salariales, des carrières plus précaires et des temps partiels imposés. Dans la sphère domestique, elles assument l’essentiel du travail gratuit et non reconnu : tâches ménagères, charge mentale, éducation des enfants parfois en tant que mères isolées.
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’égalité salariale réelle, l’accès aux soins et à la contraception font aussi partie des combats à mener. C’est pourquoi la CGT Magellium-Artal participera aux manifestations du 8 mars et vous invite à y participer également !
Un contexte politique inquiétant pour les droits des femmes
Ces mobilisations du 8 mars s’inscrivent dans un contexte national et international préoccupant. Dans de nombreux pays, la progression de l’extrême droite s’accompagne d’attaques contre les droits des femmes, comme le recul du droit à l’avortement en Pologne en 2020 ou aux États-Unis en 2022.
En France, la montée de l’extrême droite s’articule avec un racisme structurel de plus en plus décomplexé et qui, en prenant cyniquement pour prétexte les droits des femmes, cible particulièrement les femmes musulmanes portant le voile.
Elles sont empêchées de travailler dans de nombreux endroits comme en témoigne le cas d’une infirmière parisienne perçue comme musulmane et licenciée puis sanctionnée par sa direction pour avoir porté un calot chirurgical.
La tenue vestimentaire des femmes est contrôlée jusque dans les établissements scolaires où des adolescentes sont privées d’enseignement pour avoir porté une tenue assimilable à une abaya ou un crop top.
Derrière ces polémiques, il ne s’agit pas de défendre la liberté des femmes, mais bien de restreindre leurs droits
L’instrumentalisation du féminisme par l’extrême droite et les puissances impérialistes
Les préoccupations féministes sont également instrumentalisées par des acteurs qui les détournent pour promouvoir une idéologie raciste.
C’est le cas du collectif “Nemesis” dont l’objectif assumé est de “défendre les femmes occidentales” et qui par conséquent porte uniquement des revendications anti-immigration et islamophobes, sans jamais proposer de discours sur des sujets importants des luttes féministes tels que les violences sexistes et sexuelle, l’égalité salariale et domestique ou le droit à l’avortement. Face à la mobilisation de nombreuses associations et militantes féministes opposées à leur venue lors de la manifestation parisienne du 8 Mars, Nemesis a finalement annoncé ne pas participer à cette manifestation. Cela constitue une première victoire dans la lutte contre le dévoiement des batailles féministes par des mouvements identitaires.
Les puissances impérialistes essaient aussi de s’appuyer sur des éléments de discours féministes pour justifier des guerres et des massacres. En Iran, les attaques menées par les États-Unis et Israël ont déjà fait un millier de morts, parmi lesquelles des enfants, y compris lors de bombardements d’écoles comme à Minab où des dizaines de petites filles ont été tuées.
De la même manière, certains défenseurs de la guerre à Gaza mobilisent un argumentaire se réclamant des droits des femmes pour appeler à soutenir Israël, en affirmant qu’ils y seraient mieux garantis. Cet argument occulte le fait que les femmes arabes subissent des discriminations structurelles en Israël et que des milliers de femmes ont été tuées à Gaza au cours du génocide.
Ces logiques guerrières, soutenues par l’État français, illustrent l’hypocrisie de dirigeants qui invoquent les droits des femmes tout en appuyant des politiques qui les piétinent.
Le 8 mars : rejoignons-nous en manifestation
Des lieux de travail aux luttes internationales, les droits des femmes se gagnent par la mobilisation ! C’est pourquoi nous vous invitons à participer aux manifestations du 8 mars.
Si vous souhaitez y aller entre collègues, voici les informations pratiques 👇
En pratique : nous vous proposons d’aller manifester entre collègues ! Au-delà de la manif elle-même, c’est l’occasion d’avoir le temps d’échanger et de faire connaissance hors du contexte habituel de l’entreprise. C’est aussi un cadre adapté pour celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de manifester.
