📢 Licenciement injustifié : nous saisissons les prud’hommes en référé !

Lancement d’une caisse de solidarité

Pour couvrir les frais de défense de notre collègue, une caisse de solidarité est ouverte dès aujourd’hui. Face à une direction qui peut financer ses choix brutaux avec l’argent du travail des salarié.es, nous n’avons que la solidarité. C’est ensemble que nous pouvons faire face à cette asymétrie des moyens, et permettre que notre collègue puisse se défendre.

Objectif : 1640€ (avocat : 1500€, huissier : 140€)

Merci Ă  toutes celles et ceux qui y contribueront.

Une quarantaine de collègues ont consulté le dossier. Les retours sont clairs.

Depuis trois semaines, nous avons mis à disposition un dossier complet et transparent, élaboré avec notre collègue licenciée pour permettre à chacun.e de se faire un avis sur les faits. Ce dossier contient toutes les pièces essentielles de la procédure de licenciement. Une quarantaine de salarié.es sont venu.es le consulter, dans un esprit d’analyse et d’échange. L’un d’eux résume bien le sentiment général : 

« C’est édifiant. Et ça fait peur pour nous autres. Parce qu’en vrai, ça pourrait arriver à n’importe qui. »

Nous l’avons souvent dit : ce licenciement est infondé et abusif. Et nous le redisons aujourd’hui avec encore plus de force, car c’est sur cette base que nous avons décidé d’agir. 

👉 Le dossier reste consultable en salle syndicale tous les lundis de 12h à 14h, n’hésitez pas !

Nous avons saisi le conseil de prud’hommes en référé.

Il s’agit d’une procédure d’urgence, lorsqu’il y a atteinte à une liberté fondamentale, et caractère d’urgence avéré. Ce n’est pas la procédure sur le fond, qui permettra plus tard d’étudier l’ensemble du dossier dans le détail. Le référé, lui, se déroule dans un délai très court, ce qui rend cette démarche particulièrement difficile à gagner, car il faut convaincre rapidement du caractère urgent et manifestement illicite de la mesure. Nous faisons pourtant ce choix parce que nous pensons qu’il est justifié, nécessaire et légitime, et aussi parce que nous considérons que nous avons un dossier solide. Si une affaire de cet ordre peut aboutir favorablement en référé, celle-ci le mérite.

Nous faisons aussi ce choix parce que nous ne pouvons pas attendre plusieurs années qu’une décision tombe sur le fond. Ce licenciement a des conséquences immédiates : sur notre collègue qui perd son emploi, sur l’organisation collective des salarié.es, et sur notre section syndicale qui perd une militante active. Laisser passer ce précédent sans réaction, c’est accepter le risque qu’il se reproduise.

Ce licenciement est arrivé sans aucun avertissement préalable, et il est accompagné de mesures d’exception : coupure immédiate de ses accès au bâtiment, de ses accès à la messagerie et aux outils internes, retrait de son nom de l’annuaire … alors même qu’elle n’avait pas reçu sa lettre de licenciement. Des mesures qui ont entravé sa défense alors que d’autres collègues ayant quitté l’entreprise depuis plusieurs semaines conservent encore leurs accès. Le licenciement lui-même est une mesure d’exception ; la direction préférant en général des ruptures conventionnelles. Dans ce cas, aucun dialogue n’a été proposé.

Pourquoi parlons-nous de répression syndicale ?

La répression syndicale ne se proclame jamais comme telle. Elle passe par des procédures RH, des présentations « objectives », ou encore par une dépolitisation volontaire de ce qui se joue réellement. Pourtant, quand un licenciement brutal vise une salariée connue pour son engagement collectif, syndiquée, ayant alerté avec 15 de ses collègues sur ses conditions de travail, et que ce licenciement est accompagné de mesures d’exception et ne repose sur aucun fait concret, il faut nommer les choses.

Nous entendons par répression syndicale non seulement la sanction d’un engagement syndical formel, mais plus largement la volonté de mettre à distance toute forme d’organisation autonome des salarié.es, qu’il s’agisse de défendre leurs droits existants ou d’en revendiquer de nouveaux. Et ce, à quatre mois des élections professionnelles, alors que nous avons les échos d’une direction qui craint que l’organisation collective des salarié.es puisse prendre de l’ampleur et peser davantage dans l’entreprise.

Une ambiance marquée par la peur

Depuis le début de cette affaire, plusieurs collègues nous ont confié leur crainte des conséquences de leur engagement : pour témoigner, pour signer la pétition, ou même simplement pour exprimer une opinion. Cette peur est compréhensible et légitime, mais elle ne peut pas être banalisée. Elle dit quelque chose du climat de l’entreprise. C’est aussi pour cela que nous nous mobilisons.

Un durcissement en cours sur les conditions de travail

C’est dans cette ambiance qu’il faut analyser les évolutions en cours sur l’organisation du travail : des mesures de contrôle sur le télétravail viennent d’être annoncées, et des négociations sont en cours entre la direction et les organisations syndicales, qui laissent présager un durcissement des pratiques, notamment autour des horaires de présence.

Ces discussions ont été ouvertes suite à la décision de mise en place d’un Compte Épargne-Temps pour plus de flexibilité sur les jours de repos. Cette mesure vient notamment répondre à une revendication portée par 56 salarié.es réuni.es en assemblée générale lors des dernières NAO. La direction a accepté, à condition d’y ajouter un accord sur la durée du travail et un accord sur les congés payés, présentés comme nécessaires pour harmoniser les pratiques entre Magellium et Artal.

Dans ces échanges, la direction évoque des “dérives” sur les horaires. Elle souhaite pouvoir s’appuyer sur un accord pour encadrer strictement les plages de présence obligatoires (9h30–12h et 14h–17h). Typiquement, toute souplesse vis-à-vis de ce cadre devrait désormais faire l’objet d’une demande de dérogation validée par le chef d’unité.

Nous appelons les salarié.es à venir en discuter collectivement en assemblée générale, pour réfléchir ensemble à la stratégie à adopter, notamment sur la question de la signature de ces accords.

📣 Assemblée générale des salarié.es – mercredi 11 juin

Les assemblées générales sont un espace collectif, fait par les salarié.es et pour les salarié.es. Elles permettent de partager l’information, de nous organiser entre nous, d’échanger sur ce que nous vivons dans l’entreprise, et de discuter des idées, des perspectives, ou des questions que chacun.e souhaite poser.

Celle du mercredi 11 juin sera l’occasion de faire un point sur la situation actuelle, de discuter des suites à donner face au licenciement de notre collègue, et d’échanger sur les négociations en cours sur la durée du travail, les congés payés et le compte épargne-temps.

L’assemblée est ouverte à toutes et tous, syndiqué.es ou non. Les décisions qui en ressortent se prennent collectivement, par le vote des salarié.es.

Soyons nombreuses et nombreux mercredi.

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