Une rentrée marquée par un contexte politique et social instable
Cette rentrée 2025 est marquée, à l’échelle nationale, par une forte colère sociale face au projet de budget austéritaire du gouvernement Bayrou. Après une réforme des retraites passée en force et alors que la répression anti-syndicale s’intensifie (à l’image de la récente lutte menée contre le licenciement de notre collègue), sont annoncés des reculs importants sur les droits sociaux et les services publics : baisse des moyens pour les hôpitaux, les écoles et la culture, année blanche, durcissement de l’assurance chômage, etc.
Parallèlement, dans un contexte de bouleversements internationaux, la France et l’Europe connaissent un tournant militariste qui laisse présager une transformation profonde des priorités économiques et industrielles, avec des répercussions directes sur le monde du travail.
Pendant ce temps, la crise écologique continue de s’aggraver. Cet été, la pétition contre la loi « Duplomb » a déjà recueilli plus de deux millions de signatures, traduisant un rejet important des logiques anti-écologiques et sanitaires.
Dans ce contexte, colère et incertitude grandissent chez les travailleurs. Elles se cristallisent pour l’instant autour de la date du 10 septembre, issue d’initiatives venues de la base et déjà reprises par plusieurs syndicats, dont la fédération CGT des Sociétés d’Études. Le 18 septembre, l’intersyndicale appelle également à une journée de mobilisation, notamment par la grève. Ces appels se développent alors qu’un vote de confiance est prévu le 8 septembre, avec la possibilité d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale seulement un an après la précédente, dans un contexte de montée historique du Rassemblement national, ce qui renforce encore le climat d’incertitude.
Magellium-Artal : quelles perspectives ?
Ă€ Magellium-Artal, la rentrĂ©e s’inscrit dans cette dynamique gĂ©nĂ©rale et est aussi marquĂ©e par deux Ă©vĂ©nements majeurs internes Ă l’entreprise : l’imminence des Ă©lections professionnelles et le rĂ©cent rachat du groupe, avec une majoritĂ© dĂ©tenue par WCP et une participation minoritaire de la Direction GĂ©nĂ©rale de l’Armement. Ces Ă©chĂ©ances, qui s’inscrivent dans un contexte national et international instable, nous impactent directement en tant que salarié·es.Â
Le rachat par un fonds orientĂ© vers les secteurs de la sĂ©curitĂ© et de la dĂ©fense soulève des questions lĂ©gitimes : quels impacts sur l’organisation de l’entreprise, la gouvernance, les prioritĂ©s stratĂ©giques et le sens du travail qui nous est proposĂ© ? Dans un contexte oĂą les logiques industrielles et budgĂ©taires sont de plus en plus alignĂ©es sur les orientations politiques nationales et europĂ©ennes, il est essentiel de se donner collectivement les moyens de comprendre et d’anticiper ces Ă©volutions.Â
Dans ce contexte, les élections professionnelles sont une échéance déterminante : elles fixeront la représentativité syndicale et la composition du CSE pour les quatre prochaines années, donc la capacité à négocier, à intervenir et à défendre les salarié·es dans les différentes instances. Faire vivre le cadre collectif des AG est un moyen concret de préparer cette échéance et de renforcer la parole collective. À la suite des discussions de la dernière AG, la CGT a commencé à constituer une liste pour le premier tour, avec l’objectif de présenter un projet qui renforce l’expression collective et défende les intérêts de toutes et tous.
Nous organisons cette AG de rentrée pour discuter ensemble de la situation, d’autant plus qu’avec la restriction décidée par la direction, elle pourrait être la seule AG du mois de septembre. Cette AG pourra également être l’occasion de revenir sur la décision récente des prud’hommes concernant la procédure en référé pour la réintégration de notre collègue licenciée.
Les assemblées générales sont un espace collectif, fait par les salarié.es et pour les salarié.es. Elles permettent de partager l’information, de nous organiser entre nous, d’échanger sur ce que nous vivons dans l’entreprise et au delà , et de discuter des idées, des perspectives, ou des questions que chacun.e souhaite poser.
L’assemblée est ouverte à toutes et tous, syndiqué.es ou non. Les décisions qui en ressortent se prennent collectivement, par le vote des salarié.es.
