Ă€ la dernière rĂ©union de NAO, la direction a refusĂ© en bloc les revendications issues des AssemblĂ©es GĂ©nĂ©rales des salariĂ©.es et refuse aussi de faire des contre-propositions. Après avoir attendu 3 mois pour avoir une proposition d’enveloppe dĂ©risoire, et un mois supplĂ©mentaire pour voir nos revendications balayĂ©es, nous pouvons nous demander si la direction a un jour eu l’intention de dialoguer avec les salariĂ©.es.
Si la direction ne comptait tenir aucune réelle négociation, était-il vraiment utile de nous faire attendre si longtemps ?
Ces questions ont Ă©tĂ© au cĹ“ur des discussions des salariĂ©.es rĂ©unis en AG le jeudi 23 avril, qui ont dĂ©cidĂ© de se rĂ©unir Ă nouveau ce jeudi 30 avril pour dĂ©cider de la suite. Alors que le cadre des NAO montre ici toutes ses limites, nous devons dĂ©cider collectivement de la façon de reprendre nos revendications en main.Â
Premier bilan des NAO 2026
La direction rejette en bloc les revendications des salariĂ©.es et avance un projet de prime pour les bas salaires :Â
– Sur le sujet des augmentations, la proposition de 2% d’augmentation individuelle reste la mĂŞme, malgrĂ© l’actualitĂ© internationale qui annonce une inflation bien au-delĂ de 2%. Une telle enveloppe, la plus faible des 5 dernières annĂ©es, serait une perte de pouvoir d’achat pour l’ensemble des salariĂ©s.Â
En complĂ©ment, la direction propose une prime de partage de la valeur (PPV) destinĂ©e aux plus bas salaires, de l’ordre de 100 euros par mois jusqu’aux vacances d’Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme une rĂ©ponse Ă l’augmentation des prix Ă la pompe Ă essence. Cette mesure ponctuelle et minimale ne semble pas pouvoir rĂ©pondre Ă une situation d’inflation qui s’annonce pourtant durable et importante.
– Les congĂ©s enfants malades et menstruels ont Ă©tĂ© refusĂ©s par la direction au prĂ©texte qu’elle ne souhaite pas ĂŞtre “prĂ©curseure” sur ces sujets. DrĂ´le de prudence pour une entreprise qui prĂ©tend ĂŞtre Ă la pointe de son secteur… sauf quand il s’agit d’amĂ©liorer les conditions de travail.Â
– Sur la revalorisation des salaires des doctorants, la direction ne se cache pas et n’hĂ©site pas Ă dire que ceux-ci n’avaient qu’Ă pas accepter ce salaire Ă l’embauche.
– Enfin, sur le droit de retrait Ă©thique, la direction refuse de prendre le risque de perdre des projets qui iraient Ă l’encontre de l’Ă©thique des salariĂ©s.
Si la direction refuse en bloc nos revendications pour des raisons soi-disant “économiques”, ses dĂ©cisions sont en rĂ©alitĂ© un choix politique de rĂ©partition des richesses produites par les salariĂ©.es. En effet,si l’on se base sur les estimations extrĂŞmement hautes de la direction, les 10 millions versĂ©s cette annĂ©e aux anciens actionnaires auraient largement permis de financer nos revendications.
Une double peine pour les salariĂ©sÂ
Sur ces 10 millions versĂ©s aux actionnaires, une grande partie provient d’argent public sous la forme du CrĂ©dit ImpĂ´t Recherche (CIR), donc de nos impĂ´ts.
L’argent qui est touchĂ© chaque annĂ©e dans le cadre du CIR (qui reprĂ©sente 2M€ pour Magellium en 2025) est dit “instable” par la direction au prĂ©texte que cette aide pourrait disparaĂ®tre. Pourtant , s’il y un budget qui n’a pas baissĂ© ces dernières annĂ©es, c’est celui des aides publiques versĂ©es aux entreprises du secteur. Â
Cet argent public, versĂ© chaque annĂ©e Ă la trĂ©sorerie, est donc jugĂ© trop instable pour alimenter durablement nos salaires mais suffisamment solide pour financer les actionnaires. Cette situation illustre l’usage qui est fait des aides publiques au patronat, estimĂ©es Ă 211 milliards d’euros en 2023, tandis que les attaques austĂ©ritaires se multiplient contre nos services publics.
Assemblée Générale jeudi 30 avril en salle syndicale
Pour construire ensemble la rĂ©ponse collective que l’on souhaite exprimer face aux mĂ©pris de la direction lors des NAO, soyons nombreux en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale !Â
Rejoignez nous pour le 1er mai !
Le 1er mai, soyons dans la rue pour défendre nos droits. Alors que l’inflation explose suite aux guerres menées au Moyen-Orient, et que les directions patronales semblent unanimement décidées à donner le moins d’argent et de droit possible aux salariés, le 1er mai doit être l’occasion de faire entendre nos voix et nos revendications !
