Communiqué de l’Assemblée Générale du 30/04 – NAO 2026

Nous, salarié·es réunis en Assemblée Générale le 30 avril 2026, constatons que ces Négociations Annuelles Obligatoires n’ont jamais constitué un véritable espace de négociation. Face à des propositions inacceptables, nous refusons de cautionner la poursuite de ce processus, dans lequel la direction impose unilatéralement ses décisions, dans ce qui s’apparente à une véritable mascarade de dialogue social.

Des propositions inacceptables

La direction propose une enveloppe de 2% d’augmentations individuelles, la plus faible depuis 5 ans.

Dans un contexte d’inflation forte ces dernières années, jamais compensée, qui a déjà entraîné une baisse continue des salaires réels, et qui repart aujourd’hui avec la hausse du prix du pétrole liée aux guerres au Moyen-Orient, cette proposition revient à organiser une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour l’ensemble des salarié·es.

Dans le même temps, près de 10 millions d’euros ont été versés à deux actionnaires. 10 millions pour 2, contre 350 000 euros pour 300 salarié·es : un rapport scandaleux de 1 à 4000. Avec cette somme, la revendication des AG de 8,5% pour de réelles augmentations de salaires, était financée pour les 6 prochaines années ! C’est un choix politique de répartition des richesses au détriment des salarié·es.

Ce choix est d’autant plus choquant que près de la moitié de cette somme provient d’argent public, notamment via le Crédit Impôt Recherche, et donc de nos impôts. Un argent jugé trop “instable” pour garantir nos salaires, mais suffisamment sûr pour rémunérer les actionnaires.

Un simulacre de négociation

Au-delà des montants, c’est la réalité même de ces négociations qui est en cause.

Pendant plus de trois mois, la direction a fait attendre les salarié·es avant d’annoncer une enveloppe dérisoire, laissant croire à une négociation réelle. Elle a ensuite pris un mois supplémentaire pour rejeter en bloc l’ensemble de nos revendications, sans contre-proposition et sans aucune volonté réelle de négocier ou de discuter d’un compromis.

Les véritables décideurs ne participent pas aux réunions. Les représentants présents (le DRH et le DAF) ne disposent d’aucune marge réelle de négociation et, pour certains, ne font même pas l’effort de rester jusqu’au bout des échanges !

La direction continue par ailleurs son entrave à l’organisation des salariés en limitant les Assemblées Générales à une par mois, alors même qu’il s’agissait de la première revendication des salarié·es dans le cadre des NAO 2026, afin de pouvoir disposer d’un espace d’échange et être pleinement partie prenante des négociations. Cette restriction est un choix politique assumé : la direction considère que les AG ne « participent pas à améliorer le dialogue social ». Elle montre ainsi, à l’image de ces NAO, que ce qu’elle appelle « dialogue social » n’est qu’un échange strictement encadré par elle, où les salarié·es sont sommés de s’adapter aux décisions déjà prises.

Une négociation loyale suppose pourtant des conditions minimales : la possibilité pour les salarié·es de s’organiser et d’échanger librement, la présence d’interlocuteurs disposant d’une réelle marge de négociation, et une prise en compte des intérêts des deux parties dans la recherche d’un compromis.

Aucune de ces conditions n’est aujourd’hui réunie.

Il ne s’agit pas d’une négociation, mais d’un processus unilatéral où la direction impose ses choix tout en cherchant à limiter l’organisation collective des salarié·es.

Une décision collective : refuser cette mascarade

Il n’y a aucun sens à poursuivre ces NAO tant que la direction ne fait pas le choix de considérer réellement les revendications des salarié·es et d’ouvrir de véritables négociations.

Nous faisons donc le choix de ne plus participer à ce processus en l’état, et de ne pas signer de procès-verbal de désaccord, qui reviendrait à valider un cadre de négociation qui n’existe pas.

Ce communiqué sera lu à la direction lors de la prochaine réunion prévue, afin d’acter collectivement notre refus de poursuivre ces NAO dans ces conditions.

Reprendre en main nos revendications

Ces NAO montrent clairement que la direction ne cédera rien d’elle-même : sans un rapport de force construit et assumé, il n’y aura aucune avancée sur nos salaires et nos conditions de travail. Il n’y a que par l’organisation collective que nous avons pu faire avancer nos droits et faire reculer les attaques ces dernières années.

Cela est d’autant plus nécessaire qu’en parallèle de la mascarade des NAO, la direction poursuit ses projets de réorganisation, confirmant que ses priorités ne sont pas les nôtres : la situation de nos collègues de SAM-GI, détachés de l’unité SIG en 2024 après avoir dénoncé un management abusif, et aujourd’hui à nouveau rattachés à cette même unité, illustre le traitement réservé aux salarié·es qui portent à la connaissance de la direction des conditions de travail indignes.

Les salarié·es réunis en Assemblée Générale entendent reprendre en main leurs revendications et se donner collectivement les moyens de les faire aboutir, en s’organisant, en élargissant la discussion avec leurs collègues et en construisant les formes de mobilisation adaptées à la situation. Rejoignez-nous ! 

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